Les synopsis du mois
2001 : L’ODYSSEE DE L’ESPACE (V.O.)

A l'aube de l'Humanité, une tribu de primates subit les assauts d'une bande rivale. La découverte d'un monolithe noir inspire au chef des singes assiégés un geste inédit et décisif. Brandissant un os, il passe à l'attaque. Le premier instrument est né. Quatre millions d'années plus tard, un vaisseau spatial évolue en orbite lunaire. A son bord, le Dr. Floyd enquête secrètement sur la découverte d'un monolithe noir qui émet d'étranges signaux vers Jupiter.
HUGO CABRET

Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu’un étrange automate dont il cherche la clé - en forme de cœur - qui pourrait le faire fonctionner. En rencontrant Isabelle, il a peut-être trouvé la clé, mais ce n’est que le début de l’aventure…
Avec Hugo Cabret, Scorsese fait une incursion dans un univers a priori loin de chez lui : le cinéma pour enfants et la 3D. Mais il joue le jeu et va débusquer son âme d’enfant là où elle est restée intacte : dans son amour du cinéma. Par la beauté des images, l'ingéniosité du scénario, la mise en scène, l’hommage de Martin Scorsese à Georges Méliès vaut toutes les lettres d'amour au septième art.
DE BON MATIN

Lundi matin, Paul Wertret se rend à son travail, à la banque où il est chargé d’affaires. Il arrive, comme à son habitude, à huit heures précises, sort un revolver et abat deux de ses supérieurs. Puis il s’enferme dans son bureau. Dans l’attente des forces de l’ordre, cet homme, jusque là sans histoire, revoit des pans de sa vie et les évènements qui l’on conduit à commettre son acte…
Jean-Marc Moutout replonge, (après Violence des Echanges en milieu tempéré) dans l’univers de l’entreprise et raconte ce fait divers sans trémolos. Daroussin est remarquable de sobriété, Xavier Beauvois excellent en faire-valoir maléfique. « Un drame poignant suscitant de réels questionnements quant à la nature humaine et la société actuelle. »
WELCOME IN VIENNA partie 3 (V.O.)

En 1945, à Vienne, la guerre est terminée. Freddy Wolff, d’origine autrichienne, est devenu soldat de l’armée américaine. Vienne est en ruines et divisée en quatre zones, le marché noir y règne en maître. L’Autriche se présente comme une victime innocente du nazisme. Les gens s’adaptent tant bien que mal au système, sauf Freddy qui refuse l’hypocrisie générale et souffre de son amour pour la jeune actrice Claudia.
« Une fresque humaine et historique digne des plus grands romans, marquée du sceau de la vérité et de la complexité, alliant sobriété stylistique et retenue (donc puissance) émotionnelle ». Les Inrockuptibles.
Captivant et bouleversant.
LE COCHON DE GAZA (V.O.)

Après une tempête, Jafaar, un pêcheur palestinien de Gaza, remonte par hasard dans ses filets un cochon tombé d’un cargo. Bien décidé à se débarrasser de cet animal impur, il décide toutefois d’essayer de le vendre afin d’améliorer son existence misérable. Il se lance alors dans un commerce rocambolesque et bien peu recommandable…
Dans cette tragi-comédie, l’ensemble du petit peuple de Gaza, coincé entre sa misère absolue, les contraintes des militaires Israéliens et le diktat des barbus aux commandes, est représenté par ce pauvre pêcheur Jafaar, personnage lunaire, modeste et digne, dont l’unique souci est de survivre au jour le jour. Ce Cochon de Gaza utilise, avec un humour paradoxal, l’animal honni, impur, comme un instrument de rapprochement entre colons juifs et Palestiniens pragmatiques.
A DANGEROUS METHOD (V.O.)

Sabina Spielrein, une jeune femme souffrant d'hystérie, est soignée par le psychanalyste Carl Jung. Elle devient bientôt sa maîtresse en même temps que sa patiente. Leur relation est révélée lorsque Sabina rentre en contact avec Sigmund Freud...
Cronenberg est un cinéaste surprenant : en restant fidèle à ses thèmes de prédilection (violence physique ou mentale, force des pulsions), il explore à chaque film des voies nouvelles. Pour son premier film d’époque, il réalise un saisissant polar verbal où s’exprime l’inconscient de ses personnages. « De sa réalisation émerge, à travers une histoire d’amour hors norme, une puissance romanesque chez lui inhabituelle, portée par des acteurs exceptionnels. » Positif
LA COLLINE AUX COQUELICOTS

Umi vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d’une colline surplombant le port de Yokohama. Son père a disparu en mer. Au lycée, elle tombe sous le charme de l’intrépide Shun, qui tente de sauvegarder le vieux foyer lycéen. Les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d’activités. Pourtant, leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d’un secret qui entoure leur naissance et semble les lier…
Goro Miyazaki invite à un voyage nostalgique dans le Japon des années 60 qu’il nourrit de souvenirs et de détails savoureux. Un film d'animation qui allie finesse du dessin, rythme, subtilité des nuances de couleurs et beauté fulgurante des paysages.
TAKE SHELTER (V.O.)

Curtis LaForche mène une vie paisible avec sa femme et sa fille quand il devient sujet à de violents cauchemars. La menace d'une tornade l'obsède. Des visions apocalyptiques envahissent peu à peu son esprit. Son comportement inexplicable fragilise son couple et provoque l'incompréhension de ses proches. Rien ne peut en effet vaincre la terreur qui l'habite...
Après Shotgun Stories, Take Shelter confirme avec éclat le talent de Jeff Nichols. Son sens du paysage, la tension qu’il sait créer, la profondeur du regard sur la psychologie d’un personnage angoissé confronté à l’état de la société, font de lui un artiste rare. Thriller fantastique dans le sens le plus pur du terme, Take Shelter est le récit d'un esprit malade, sans aucun doute, mais malade alors de l'idéologie américaine du home. Michael Shannon, au physique à la fois inquiet et inquiétant, est l’un des acteurs les plus impressionnants de sa génération.
LES ACACIAS (V.O.)

Sur l’autoroute qui relie Asunción à Buenos Aires, un camionneur doit emmener une femme qu’il ne connaît pas et son bébé. Ils ont devant eux 1500 kilomètres, et le début d’une belle histoire.
Derrière l’apparente simplicité du récit, Pablo Giorgelli fait preuve d’une précision remarquable dans son écriture et sa mise en scène. Il filme les longs silences du voyage sans jamais ennuyer le spectateur qui y trouve au contraire une invitation à partager ce voyage. Un film empreint d’une grande humanité et d’une douceur qui peuvent toucher chacun. Nos spectateurs de la Semaine de la Critique l’avaient placé en tête de leur palmarès.
UNE VIE MEILLEURE

Yann et Nadia, amoureux, se lancent dans un projet de restaurant au bord d'un lac. Ils s’endettent rapidement et leur rêve d'entrepreneurs se brise. Nadia, contrainte d'accepter un travail à l'étranger, confie provisoirement son fils à Yann. Elle disparaît...
Une Vie meilleure est le produit d’une tension permanente entre l’énergie de son personnage – Guillaume Canet, très convaincant - et l’engrenage d’un système, entre un discours prônant l’entreprenariat et une réalité brutale, gangrenée par les économies parallèles. Une œuvre maîtrisée qui se joue habilement des registres.
CORPO CELESTE (V.O.)

Marta vient juste de revenir avec sa mère et sa sœur dans sa ville natale de Calabre, après avoir grandi en Suisse. Du haut de ses treize ans, elle se sent comme une étrangère dans cette Italie du sud dévastée. Elle a l’âge de faire sa confirmation et le catéchisme est le meilleur endroit pour tenter de s’intégrer. Mais loin de ses rêves " célestes ", elle va découvrir les petits arrangements de la communauté.
Dans ce premier film remarqué à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes et primé au festival du cinéma italien d’Annecy, Alice Rohrwacher surprend par l’acuité de son regard, la maturité de son style, la précision de l’approche des personnages, son sens du rythme, du cadre, de la lumière. La réalisatrice fait une fine description de l’âge difficile qu’est l’adolescence. La petite Yile Vianelo est surprenante de naturel. Un premier film qui est notre coup de cœur !
LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE

Archives à l’appui, un journaliste critique et un monteur émérite mettent les pieds dans le PAF. En 1932, l’écrivain Paul Nizan publiait Les chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en véritables gardiens de l’ordre établi. Sur le mode sardonique, Les Nouveaux Chiens de garde dénonce cette presse qui, se revendiquant indépendante, objective et pluraliste, se prétend contre-pouvoir démocratique. Avec force et précision, le film pointe la menace croissante d'une information produite par des grands groupes industriels du Cac40 et pervertie en marchandise. Le spectacle, jubilatoire, donne froid dans le dos. Un film de salubrité démocratique.
J.EDGAR (V.O. anglais)

J. Edgar Hoover, patron du FBI de 1924 à 1972, l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, était à la fois craint et admiré, honni et révéré. Mais il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie.
« A 81 ans, Clint Eastwood surprend encore en livrant un anti-film d’action, autoportrait fantasmé d’un homme et d’un pays et en chantant une grande histoire d’amour ». Positif.
« J. Edgar est une réussite, un film tourmenté et fascinant surgi des replis les plus ténébreux de l'histoire et de la psyché américaines. » Le Monde
Chef d’œuvre de science fiction et chef d’œuvre tout court : effets spéciaux révolutionnaires, quête des origines de l’homme, poésie des images, choix musicaux audacieux et spectaculaires : une prodigieuse réussite.